L’art de la guerre

Encre de chine sur papier artisanal

"L'Art de la guerre"

L’art de la guerre

La grande science est de lui faire vouloir tout ce que vous voulez qu’il fasse, et de lui fournir, sans qu’il s’en aperçoive, tous les moyens de vous seconder.

Après que vous aurez ainsi disposé du lieu de votre campement et de celui de l’ennemi lui-même, attendez tranquillement de votre adversaire fasse les premières démarches ; mais en attendant, tâchez de l’affamer au milieu de l’abondance, de lui procurer du tracas dans le sein du repos, et de lui susciter mille terreurs dans le temps même de sa plus grande sécurité.

(…)

Rendez-vous dans des lieux où l’ennemi ne puisse pas soupçonner que vous ayez dessin d’aller. Sortez tout à coup d’où il ne vous attend pas, et tombez sur lui lorsqu’il y pensera le moins.

Pour être certain de prendre ce que vous attaquez, il faut donner l’assaut là où il ne se protège pas ; pour être certains de garder ce que vous défendez, il faut défendre un endroit que l’ennemi n’attaque pas.
(…)

Le grand art d’un général est de faire en sorte que l’ennemi ignore toujours le lieu où il aura à combattre, et de lui dérober avec soin la connaissance des postes qu’il fait garder. S’il en vient à bout, et qu’il puisse cacher de même jusqu’aux moindres de ses démarches, ce n’est pas seulement un habile général, c’est un homme extraordinaire, c’est un prodige. Sans être vu, il voit ; il entend sans être entendu ; il agit sans bruit et dispose comme il lui plaît du sort de ses ennemis.

Sun Tzu

Traité militaire écrit au VIè- Vè siècle avant JC
Traduit du chinois par le Père Amiot

Ed. Mille et une nuit – p. 34-36
Extrait de l’article VI : Du plein et du vide
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